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Agde réutilise ses eaux usées pour arroser son golf

Agde réutilise ses eaux usées pour arroser son golf

Publié le 29 janvier 2018

Entretien avec Gilles d'Ettore qui, depuis le début de son mandat a engagé sa ville dans une politique ambitieuse de gestion globale du cycle de l’eau afin de mieux préserver la ressource en eau. Un esprit visionnaire qui lui permet aujourd’hui de proposer aux Agathois l’arrosage du golf avec les eaux usées traitées de sa station d’épuration.

 

Ce projet ne s’est pas fait d’un coup de baguette magique. Dès 2010, la ville a investi dans un système de traitement par ultrafiltration membranaire. Si l’objectif premier à l’époque était de restituer une eau de qualité "eau de baignade" au milieu naturel, la perspective de déployer un jour un dispositif de REUT existait déjà. Grâce à cet investissement, notre projet a franchi une à une les étapes réglementaires. Il est le premier à avoir obtenu l’arrêté préfectorale sous le régime de la réglementation 2014.

En quoi ce projet est-il important pour votre territoire mais aussi pour la ressource en eau ?
Nous sommes dans une région qui connaît des périodes de stress hydrique importantes, surtout en période estivale : la forte variation saisonnière de notre population entraîne alors une consommation d’eau supérieure au stock réel. Or, alors que les précipitations sont inexistantes c’est en cette haute saison touristique, que nous avons le plus besoin d’arroser le golf. Ce projet de REUT nous permet ainsi de capitaliser sur les quantités d’eaux usées disponibles, qui augmentent mécaniquement en été, en les stockant pour arroser le golf toute l’année. A terme, lorsque les travaux seront terminés en 2020, cette solution en eau alternative nous permettra d’économiser 200 000 m³ d’eau potable par an !

Il s’agit d’un projet qui s’étale sur plusieurs années et qui ne peut se faire seul. Pouvez-vous nous dire comment vous avez été accompagné pendant ce projet ?
Avec les équipes de la ville, de l’agglo et SUEZ, nous avons réussi à convaincre les autorités de la nécessité de mettre en place un tel système. Il a fallu monter des dossiers complexes, qui ont été validés par les autorités préfectorales. Nous n’aurions pu obtenir cet accord sans l’expertise de SUEZ qui nous a accompagnés sur le choix technologique de notre nouvelle station d’épuration répondant aux critères de réutilisation des eaux usées. Sans ce système, nous n’aurions pas pu aller plus loin. Ainsi, grâce à la forte mobilisation des acteurs privés et publics, nous avons aujourd’hui un projet de 5.5 millions € financé à hauteur de 80% par l’Agence de l’eau Rhône-Méditerranée-Corse.

Quels sont les conseils que vous aimeriez donner à une collectivité qui souhaiterait installer cette solution sur son territoire ?
D’abord pour monter un tel projet, il est capital d'appréhender le cycle de l’eau dans sa globalité pour créer un environnement favorable. Cela nécessite d’avoir réfléchi aux réseaux, à la qualité de l’épuration et aux solutions finales. Enfin, il faut être patient et persévérant car cela prend du temps. Une mobilisation de tous les acteurs du territoire est nécessaire, tant au niveau de la collectivité que des autorités de bassins. La mise en œuvre d'un tel projet repose sur des investissements et des ouvrages répondant aux exigences de la règlementation. C’est un projet qui se prépare et s’anticipe mais dont les potentiels d’économie en eau potable sont à la hauteur des enjeux de la préservation de la ressource en eau.

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