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E-santé, industrie 4.0, smart cities, voitures connectées…Un réseau pour chaque secteur applicatif, est-ce justifié ?

E-santé, industrie 4.0, smart cities, voitures connectées…Un réseau pour chaque secteur applicatif, est-ce justifié ?

Publié le 03 avril 2017

Pour l'Internet des objets (IoT), force est de constater que l’offre technologique en matière de réseaux de communication est vaste et n’en finit pas de se diversifier : LPWAN, Wireless M-Bus, NB-IoT ou encore 5G. Pourtant, la multiplicité des réseaux n’est pas une nouveauté. Depuis les réseaux TETRA jusqu’aux dernières technologies IoT en passant par les réseaux de téléphonie mobile, chacune de ces solutions a (ou ont eu) sa raison d’être, même si la question légitime de la convergence et de la standardisation se pose.

Alors que les industriels ou les acteurs du transport travaillent depuis des années sur des réseaux dédiés à leurs besoins propres, peu s’émouvaient de la diversité des technologies sous-jacentes. Solutions courte ou longue portée, mobile ou IoT, ouverte ou propriétaire continuent ainsi de se développer pour répondre à des besoins qui ne dépendent pas tant d’un secteur applicatif (mobilité, industrie, agriculture, santé industrie…) que des usages auxquels elles répondent. Certes la diversité des réseaux existe entre les secteurs, mais c’est également le cas au sein d’un même secteur qui peut recouvrir différents besoins et donc faire appel à différentes solutions. Ainsi la voiture connectée utilise-t-elle à la fois les traditionnels réseaux 2G/3G existants mais également d’autres technologies spécifiques pour adresser de nouveaux usages comme par exemple ceux liés à l’aide à la conduite avancée.

Pour « classer » les réseaux, une segmentation par typologie d’usage émerge alors naturellement, car ce sont bien les usages qui définissent les contraintes techniques auxquelles la technologie doit répondre: criticité du service, débit des données, sens des communications, accès à l’énergie, durée de vie des équipements sont autant de critères à considérer lors du choix d’une solution IoT. En effet, les exigences ne seront certainement pas les mêmes entre les besoins d’un système d’évitement des collisions sur un véhicule et le suivi en continu des consommations énergétiques d’un logement.

L’illusion d’une technologie universelle
Ainsi, une technologie universelle qui pourrait répondre à l’ensemble des cas d’usage apparaît non seulement illusoire, mais également nocive pour l’innovation. L’enjeu est plutôt de tendre vers une taille critique afin de faire baisser les coûts et de réduire la prolifération des infrastructures, notamment en mutualisant les usages qui peuvent l’être. L’enjeu de convergence reste donc une réalité. Avec le développement exponentiel de l’IoT au sein de l’économie numérique, les grands secteurs industriels vont logiquement être amenés à converger sur des technologies, mais cela se fera à l’échelle des usages afin d’arriver à une réelle complémentarité des réseaux : « Il n’y aura pas de solution universelle mais il faut trouver le juste compromis » reconnaît Samuel Loyson, Directeur Smart Metering chez SUEZ.

Le réseau de transport, une commodité au service de la mise à disposition des données
Enfin, et c’est le plus important, il convient de garder en tête que le capteur et le réseau ne sont qu’un moyen dont la finalité est de produire des données utilisables largement. L’ouverture et l’interopérabilité se jouent donc essentiellement au niveau de l’accès aux données afin de pouvoir les traiter quel que soit leur réseau d’origine : un pacemaker connecté, de la surveillance à domicile et une montre connectée mesurant le rythme cardiaque fonctionnent via des réseaux de communication différents. C’est bien l’agrégation de ces données qui permet d’offrir une solution optimale, là où réside la véritable valeur pour l’utilisateur.

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